Elle s'appelle Djénéba. Elle a 18 ans. Elle est fistuleuse depuis 4 ans. Elle en est à sa huitième opération pour enrayer ses fistules vésico-vaginales. Les fistules sont une conséquence directe d’accouchements effectués dans des conditions non professionnellement encadrées. Nous faisons référence ici aux victimes de l’excision, qui souffrent souvent d’infections des parties génitales. Ces infections causent une mauvaise cicatrisation dont les conséquences les plus néfastes restent souvent des nécroses de l’entrée vaginale.

Mariée de force à 13 ans avec un homme deux fois plus âgé et qui avait déjà 2 épouses, Djénéba avait été excisée à 6 ans, et avait alors présenté une infection des parties génitales. Pour que son vagin ne se referme pas, sa tante lui mettait un petit morceau de bois et lui appliquait des mixtures pour la cicatrisation. Elle a fini par guérir, mais l'infection avait causé de la nécrose sur l'entrée du vagin, qui a ainsi perdu son élasticité, et donc sa capacité de faire un accouchement normal.

Une fois mariée, ayant perdu l’élasticité de l’entrée du vagin, la pénétration lui a causé plusieurs déchirures et causait aussi de l’inflammation aux parties génitales du mari. Celui-ci attendait que son inflammation guérisse et dès qu’il allait un peu mieux, il revenait vers sa jeune épouse. De son coté à elle, les blessures causées par la pénétration forcée, se cicatrisaient après quelques jours, et à chaque fois que son mari revenait vers elle, c’était encore un nouveau traumatisme, qui se traduisait par un éclatement des cicatrices de la dernière pénétration à peine fermées.

Lorsque Djénéba est devenue enceinte, la sage-femme du village n'a rien pu faire pour elle, son périnée a éclaté sur la poussée de l'enfant, lequel est mort à l’accouchement; les déchirures de Djénéba ont entraîné des fistules vésico-vaginales et les incontinences urinaires usuelles.

L’odeur nauséabonde dégagée ensuite par la jeune femme l’a faite chasser de sa communauté, qui lui a organisé un petit abri à l’orée du bois, loin des gens bien portants! Un mal n’allant pas sans un autre, rapidement elle fut considérée comme une sorcière et les enfants lui jetaient des pierres quand elle se risquait à bouger de sa prison.

Ce sont des femmes comme Djénéba que veut secourir la prochaine mission de MEM, qui aura lieu au Burkina Faso en novembre 2010.

Lutter contre les fistules - contexte et problématique.pdf

Les ressources nécessaires à la réalisation du projet

Ressources humaines : Les spécialistes québécois, canadiens et européens acceptent de donner du temps et de partir sur une base bénévole pendant deux semaines pour soigner ces femmes et former dans la mesure du possible leurs collègues africains voulant se spécialiser afin d’assurer une relève efficace.

Moyens matériels : Une intervention chirurgicale-type coûte 2 500 $ par femme opérée, toutes dépenses confondues. Ces coûts comprennent l’ensemble de la logistique entourant de tels projets: la préparation du terrain et des ressources matérielles sur place en Afrique, l’achat des billets d’avion, les coûts associés à l’hébergement, la restauration et les déplacements de l’équipe médicale, et les instruments et autres frais de fonctionnement. L’organisme Collaboration Santé internationale de Québec est disposé à fournir en grande partie le matériel et les médicaments nécessaires. Comme notre organisme prévoit opérer 100 femmes par année, il faudrait ramasser 250 000 $ pour assurer une première mission en novembre 2010.

Afin d’amasser les fonds nécessaires à la réalisation du projet, MEM a lancé une campagne de financement appelée Les Dames de Cœur.

 

Réparation de fistules, Burkina Faso 2010

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